L’essentiel à savoir
- Il y a une différence entre un déodorant et un anti-transpirant. Le déodorant limite les mauvaises odeurs sans agir sur la quantité de transpiration. L‘anti-transpirant, lui, diminue la transpiration.
- Dans les anti-transpirants, on trouve de l’aluminium. C’est l’aluminium qui permet de diminuer la transpiration.
- L’aluminium appliqué sur la peau par l’anti-transpirant ne donne pas de cancer du sein.
L’aluminium passe-t-il dans le sang ?
Lorsqu’on utilise du déodorant, une petite quantité d’aluminium traverse la peau. Il y a ensuite un peu d’aluminium dans le sang. Mais il n’y a aucun lien entre la présence d’aluminium dans le sang et le risque du cancer du sein.
Se raser les aisselles n’augmente pas le risque.
Pourquoi des personnes utilisant des anti-transpirants à base d’aluminium ont eu des cancers ?
Les cancers du sein sont relativement fréquents chez la femme. Si on prend au hasard une femme dans un groupe de 100 femmes, il est fort possible qu’elle ait déjà eu ou qu’elle aura un cancer du sein.
Les anti-transpirants et déodorants sont utilisés par de nombreuses femmes. Y compris les anti-transpirants à base d’aluminium. Il est donc normal de trouver des femmes qui utilisent ces déodorants et qui ont un cancer du sein.
Cependant, cela ne veut pas dire qu’elles ont développé un cancer du sein à cause de l’anti-transpirant.
On différencie souvent les anti-transpirants des déodorants, là surtout pour masquer les mauvaises odeurs sous les bras.
Comment sait-on qu’il n’y a pas de lien entre déodorant et cancer ?
Pour le savoir, on suit l’évolution de la santé de femme utilisant et n’utilisant pas d’anti-transpirant à base d’aluminium. On les étudie pendant de longues années. Idéalement, durant toute la vie.
Régulièrement, on les interroge pour savoir si elles ont développé ou non un cancer du sein. On les classe en deux groupes :
- celles qui utilisent des anti-transpirants à base d’aluminium ;
- celles qui n’en utilisent pas.
Et on regarde dans quel groupe il y a plus de cancer du sein. On fait bien attention à ce que les deux groupes soient pareil par rapport aux autres facteurs de risque connus du cancer du sein. Sinon, on ne pourra pas savoir si les cancers plus fréquents dans un groupe sont dus aux anti-transpirants ou à un autre facteur (comme le fait d’avoir eu des enfants après 30 ans).
Les résultats de ces études à l’heure actuelle ne montrent pas de différence entre les deux groupes. Autrement dit, les femmes qui utilisent des anti-transpirants à base d’aluminium n’ont pas plus de cancer du sein que les autres.
Pas besoin donc de se tourner vers des anti-transpirants sans aluminium pour se protéger du cancer du sein !
Pourquoi lit-on parfois qu’il y a un lien entre déodorant et cancer ?
Sur les sites web anglophones, une grande majorité dit bien qu’utiliser un anti-transpirant à base d’aluminium n’augmente pas le risque de cancer du sein. Il est probable que ce ne soit pas le cas pour les sites francophones. En effet, ces sites font souvent appel au principe de précaution concernant l’aluminium.
Ce sont les sites et blogs qui commercialisent ou promeuvent des produits naturels qui disent l’inverse. Ces sites font plus souvent un lien entre déodorant et cancer. Il peut s’agir en effet d’un argument de vente pour promouvoir des anti-transpirant sans aluminium.
Quelle différence entre aluminium et chlorure d’aluminium ?
En fait, l’aluminium existe sous de nombreuses formes. On trouve des sels d’aluminium, du chlorure d’aluminium, du peroxide d’aluminium, du chlorure d’aluminium, du chlorhydrate d’aluminium, etc.
Peu importe la forme, l’aluminium ou le chlorure d’aluminium ne sont pas cancérigènes dans les anti-transpirants.
Les anti-transpirants restent donc un traitement possiblement efficace contre l’hyperhidrose. Ses effets secondaires existent, mais le cancer du sein n’en fait pas partie.
Où en est-on en 2025 ?
J’ai écrit cet article il y a plus de 10 ans (!). D’autres synthèses de la littérature scientifique sont parues depuis.
Par exemple, une équipe française du CHU de Strasbourg conclut ainsi sur la base de 13 études :
Parmi les 13 études établissant un lien entre la teneur en aluminium dans les tissus mammaires et le risque de cancer du sein, les résultats ne sont pas unanimes pour valider une teneur en aluminium plus élevée dans les tissus tumoraux par rapport aux tissus sains.
L’explication selon eux de ces incohérences :
- l’absence d’ajustements statistiques sur les facteurs de risque du cancer du sein dans les études,
- la confusion entre les termes « déodorant » et « anti-transpirant »,
- la non-évaluation de l’exposition globale à l’aluminium,
- l’accent mis sur l’aluminium dans les tissus mammaires alors qu’un profil de plusieurs métaux semble plus approprié.
Cela leur fait que :
à la lumière du principe de précaution et sur la base des données obtenues, il est préférable d’éviter les antisudorifiques contenant de l’aluminium. Les déodorants sans aluminium ne sont pas impliqués dans le cancer du sein, ni cliniquement ni fondamentalement.
À noter qu’ils s’adresse ainsi à la population générale, pas spécifiquement aux personnes atteintes d’hyperhidrose qui sont beaucoup plus impactées négativement par un excès de transpiration, et pour qui la balance bénéfice-risque est probablement différente.
Voir aussi : transpiration et cancer.
Références
Willhite CC, Karyakina NA, Yokel RA, et al. Systematic review of potential health risks posed by pharmaceutical, occupational and consumer exposures to metallic and nanoscale aluminum, aluminum oxides, aluminum hydroxide and its soluble salts. Crit Rev Toxicol. 2014;44 Suppl 4(Suppl 4):1–80. Lien
Allam MF. Breast Cancer and Deodorants/Antiperspirants: a Systematic Review. Cent Eur J Public Health. 2016;24(3):245-247. Lien
Kulkarni S, Lewis K, Adams SA, et al. A Comprehensive Analysis of How Environmental Risks of Breast Cancer are Portrayed on the Internet. Am J Health Educ. 2018;49(4):222–233. Lien
Moussaron A, Alexandre J, Chenard MP, Mathelin C, Reix N. Correlation between daily life aluminium exposure and breast cancer risk: A systematic review. J Trace Elem Med Biol. 2023 Sep;79:127247. doi: 10.1016/j.jtemb.2023.127247. Epub 2023 Jun 21. PMID: 37354712.

Publié par Nelly Darbois
J’ai fondé l’Observatoire de l’hyperhidrose en 2012. Après avoir exercé durant 11 ans la profession de kinésithérapeute, je suis maintenant consultante en relations publiques spécialisée dans Wikipédia.
